La flore de La Réunion

La flore de La Réunion
  • id
  • Terminalia bentzoë (L.) L. f.
  • Benjoin pays
  • Terminalia bentzoe 001 medium
  • Combretaceae
  •  CR 
  • Taxon en danger critique d'extinction
  • non
  • Synonymes:

    • Croton bentzoë L.
    • Terminalis angustifolia Jacq.
    • Terminalia mauritiana Lam.

    Description

    Grand arbre de 20 à 30 m de hauteur, aux branches presque horizontales, régulièrement étagées, comme d'autres Terminalia (Badamier, mentaly). Ces étages sont surtout visibles au stade juvénile de l'arbre. L'ensemble forme une frondaison pyramidale mais peu dense. Chez les sujets adultes, les branches horizontales portent, à leur face supérieure, de nombreux rameaux verticaux rapprochés.

    L'écorce est épaisse, beige foncé à brun, gerçurée et écailleuse; lorsqu'il est taillé, le tronc produit un gomme épaisse, ressemblant au véritable Benjoin, inexistant à La Réunion.

    Terminalia bentzoe 003 Terminalia bentzoe 004


    Feuillage: Les feuilles sont simples, alternes, insérées en hélice ou en faux verticille de 5 à 15 feuilles au sommet de rameaux courts, épais et redressés. Le benjoin est hétérophylle.
    Feuilles juvéniles : Limbe rougeâtre, linéaire, pubescentes, très colorées aux nervures rouges;
    Feuilles adulte : Limbe de couleur verte, elliptique ou obovale, obtus à acuminé au sommet, graduellement atténué vers la base. Marge à large crénelure. 

     

    Terminalia bentzoe 002 Terminalia bentzoe 004


    Inflorescences: Fleurs regroupées en épis axillaires. Elles sont de couleur blanc-jaunâtre.

    Terminalia bentzoe 005 Terminalia bentzoe 006


    Fruits: Samares de couleur verte, légèrement aplaties, d’environ 2 cm de diamètre et entourée de 2 larges ailes.

    Terminalia bentzoe 007


    Ecologie et répartition: Cette espèce est endémique des Mascareignes. Le benjoin est présent, à basse altitude, dans de nombreux secteurs de l'île. Il est en effet peu exigeant sur la qualité du sol et la hauteur des pluies.

    Les principaux peuplements se trouvent à Saint-Philippe et Sainte-Rose. Des plantations expérimentales ont été faites à l'Etang-Salé.

    Dans son ouvrage In ti kwin la kour pou bann plant andémik Larényon, Raymond Lucas rapporte l'anecdote de la route qui relie Saint-Louis ville à la Rivière Saint-Louis. Malgré leurs nombreuses blessures d'écorces enlevées, des grands pieds de benjoin vivaient là et ornaient les abords de la route. En 1999, il a fallu améliorer le réseau routier... les bulls sont venus et en quelques heures ces dizaines de benjoins centenaires ont été détruits.

    Notons par ailleurs que le benjoin a laissé son nom à la pente Benjoin aux Avirons et au Bras de Benjoin à Cilaos.

    Usage

    Le bois de benjoin a de nombreuses utilisations. De couleur jaune à jaune vert, son bois possède un grain serré: la présence de contre-fils rend sa finition difficile. Il est employé pour la construction mais surtout pour l'ameublement.

    Il est utilisé en reboisement uniquement dans les parties basses de l'île.

    Le benjoin ets très utilisé comme plante médicinale. Les arbres sont ainsi écorcés... écorchés... et ainsi menacés de mort !

    En1667 François Martin dit que la gomme récoltée à Bourbon, que quelques uns croient être du benjoin, n’est qu’une gomme ordinaire qui donne un peu d’odeur en la mettant au feu, mais qui ne peut servir à rien. Pourtant on va tout de même la récolter, puisque le docteur Borghési en 1701va trouver de l’excellent benjoin en grande quantité. On finit cependant par comprendre que ce n’était pas le vrai benjoin, qui lui, ne pousse qu’au Tonkin et au Laos. Les arbres furent ensuite abattus pour leur écorce qui était exportée pour les tannages. Localement cette écorce sera utilisée en tisanes pour les diarrhées et les catarrhes pulmonaires ; actuellement le benjoin reste la plante incontournable des tisanes refroidissement et des gargarismes pour les maux de gorge et les angines.

    Attention ! En usage interne et à cause de sa richesse en tanins l’écorce de benjoin peut provoquer des troubles gastro-intestinaux : ballonnements, constipation..


    Extraits de La magie des arbres par Jean-François Samlong (1990)


    boutique magie des arbresDans La magie des arbres, Jean-François Samlong nous livre quelques secrets sur les croyances à La Réunion quant aux arbres. Sur la base de témoignages recueillis auprès de nos gramoun, il nous éclaire sur une pratique très vivace liée aux pouvoir des arbres et leur utilisation pour le transfert des maladies, suivant un rituel précis dans lequel interviennent des divinités.

    L'arbre qui guérit, par excellence. Très bon protecteur, autant par les propriétés médicinales de son écorce que par le champ magnétique qu'il dégage. Il serait faux de penser qu'il ne souffre pas lorsque les guérisseurs, ou tout simplement les passants, prélèvent une partie de son écorce pour lutter contre les affections respiratoires, les maladies de la peau, les diarrhées et dysenteries. Sa grande sensibilité, sa grande réceptivité (dans le cas où l'on se servirait de l'arbre pour faire dériver quelques fluides néfastes), son grand coeur (il est de ceux qui voudraient donner plus que ce qu'ils ont pour soulager souffrance physique, peine morale, influence maléfique) ne le met pas à l'abri des souffrances.

    Par conséquent, nous vous conseillons, non seulement de prélever toute partie de son écorce avec intelligence, mais de faire précéder cet acte d'une prière protectrice. Si vous le protégez par une pensée bénéfique, le benjoin-pays sera pour vous d'une aide incomparable.

    Dans le cas où vous demanderez à l'arbre une protection invisible de par sa puissance magnétique, faites une prière avant et après le transfert. Toute prière extraite d'un livre sacré est bonne. Nous vous proposons celle-ci:

    «Je viens vers toi, Arbre parmi les arbres
    Tu es de la terre et du ciel
    Tu es l'eau et le feu
    Tu es vent et soleil
    Tu es le trait-d'union de l'univers
    Visible et invisible
    Tu es la vie et donnes la vie
    Tu es la joie  et donnes la joie
    Je fais appel à ta puissance infinie
    Qui n'a ni fin ni commencement
    Que le soleil te couvre toujours
    De ses bienfaits célestes».

    Le benjoin-pays se rencontre sur les routes du Tampon, dans les hauts de Saint-Louis, à Saint­ Philippe, Saint-Paul.  Au cours des «Journées de l'arbre» il semble que des plants de benjoin aient été mis en terre dans les cours des écoles et collèges, comme par exemple dans la cour du Collège la Jamaïque, à Saint­ Denis.   Excellente initiative car «les jeunes benjoins, à feuilles étroites et veinées de rouge ne manquent pas  de charme. Ils de­vraient être systématiquement multipliés et proposés par les pépiniéristes, à leur clientèle avide de végétaux d'ornement. Pour une fois qu'un arbre-pays offre grâce et bonté, il serait bêtise de s'en priver». Nous nous joignons entièrement à cette prière de Roger Lavergne, car, comme nous l'avons dit, le benjoin s'arracherait «le cœur» pour guérir ceux qui viennent à lui;  il apporte aussi à l'homme, calme, détente et une certaine forme de sagesse .

    Donc, avant de vous précipiter vers lui pour lui enlever quelques fragments d'écorce bien précieuse comme des voleurs, prenez le temps de l'écouter avec votre âme et de le caresser doucement du bout des doigts. Prenez le temps de le regarder et que votre regard soit aussi magnétique que le sien ! dites-lui des  mots  de joie et de paix, et vous l'entendrez rire comme un enfant ! quelque soit son âge, le benjoin demeurera toujours un enfant prodigue. Il sera toujours prêt à jouer avec vous le temps que vous voudrez. Voilà le meilleur moyen pour oublier tous vos soucis et vous décharger de vos fardeaux quotidiens.

    S'il est vrai que son écorce fait monter les sueurs et purifie le sang, il est vrai aussi que son magnétisme purifie l'âme.